La petite enfance au Japon

 

La petite enfance au Japon

Au Japon, la scolarité est obligatoire à partir de l’âge de 6 ans. En 2014, seul 22% des 0 à 3 ans fréquentaient des crèches, les autres enfants été pour la plupart gardés par la famille. De 3 ans à 5 ans,  la grande majorité des enfants fréquentent soit des jardins d’enfants (Yochi-en) soit des crèches collectives (Hoiku-en). Les jardins d’enfants privés et associatifs représentent 61% et  les jardins d’enfants publics 39%. De la même manière, les crèches privées sont plus nombreuses que les crèches publiques (52% contre 48%).
 

 

La place de l'éducation préscolaire (de 0 à 5 ans) dans la politique japonaise 

Les chiffres clés :

  • Selon l’OCDE en 2014, l’investissement national du gouvernement japonais pour les enfants de 0 à 5 ans correspondait au quart de la dépense de la France et plaçait le Japon en 24ième position sur les 29 pays concernés par l’étude.
  • L’investissement total du Japon dans l’éducation représente 3.3% du PIB alors que la moyenne des pays de l’OCDE est de 4.9%.
  • La proportion de la dépense éducative par rapport à la dépense générale du gouvernement est de 9.5%, ce qui est bien inférieure aux 14.9% correspondant à la moyenne de l’OCDE
  • Les parents assument en moyenne 56% des frais de garde, le reste du financement étant assuré par l’état et les collectivités locales.

On comprend donc qu’au Japon, la prise en charge de la Petite Enfance est moins subventionnée que dans les pays de l’OCDE et que la garde des jeunes enfants reste, dans ce pays, une affaire assez privée. Ce constat peut sans doute être attribué à la conception du modèle social porté par le parti conservateur, au pouvoir de 1955 à 2008.    
 

 

Les japonais s'inspirent de nos crèches 

En 2010, un article du Parisien revèle qu’une délégation de responsables petite enfance japonais sont venus visiter des crèches françaises. L’objectif de ces visites était de comprendre et de s’inspirer des pratiques actuelles pour à terme reproduire au Japon le modèle des crèches à la française.
Les Micro-crèches à mi-chemin entre l’accueil individuel et l’accueil collectif, avaient retenu l’attention des visiteurs. En effet les établissements japonais ont historiquement une taille beaucoup plus conséquente, jusqu’à une centaine de place pour les plus grandes structures et une trentaine de place pour les plus petites. L'organisation n'est pas non plus la même, au Japon le concept d'adaptation rythme de chacun n'est pas aussi présent. Les responsables japonais ont observé que ce type de structure représentait un investissement plus raisonnable et un besoin en locaux plus restreint que les crèches de grande capacité d’accueil.
Un autre facteur étonna également les japonais, le jardin. Ils notèrent qu’au Japon, les crèches étaient souvent dans des immeubles sans possibilité d’aménagement d’un jardin.   

 

Un changement du modèle japonais ?

Les japonais ont encore un long chemin à faire pour redynamiser leurs EAJE mais le changement est en marche. Le changement de politique sociale (soutien financier aux familles, créations d'établissements et d'alternatives pour les familles) a pour but de relancer la démographie du pays mais également de réduire les inégalités sociales dont souffre le Japon.


Sources :
OCDE (2014) : Assurer le bien-être des enfants. Paris : OCDE
- Le Parisien (2010) : Les Japonais impressionnés par nos crèches
 

 

 
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