L'évolution de la pédagogie au sein des établissements de la petite enfance

 
L'évolution de la pédagogie au sein des établissements de la petite enfance
Comprendre l'évolution de la pédagogie
La pédagogie désigne l’ensemble des méthodes utilisées pour éduquer un enfant. Ces pratiques évoluent en fonction de notre société, de nos connaissances et des différentes expériences. Les avancés pédagogiques sont également le fruit de multiples recherches et observations des professionnels du secteur. Il existe aujourd’hui différents courants pédagogiques (pédagogie Montessori, pédagogie Steiner-Waldorf, pédagogie Winnicott…).
 
Afin de comprendre l’évolution de la pédagogie dans les Etablissements d’Accueil de Jeune Enfant (« EAJE »), il est intéressant de retracer brièvement l’histoire des institutions d’accueil de la petite enfance.
Les premières crèches apparaissent en France au tournant du XIXème et du XXème siècle. Ces établissements naissent avec la pasteurisation du lait et l’invention des tétines de caoutchouc qui rendent possible l’accueil des tout-petits. A ce moment-là, la pédagogie de la « prime enfance» est assurée principalement par les Eglises. On ne parle pas encore de pédagogie à proprement parler mais «d’éducation chrétienne ». L’espérance de vie dans ces établissements y est faible (moins d’un an) en raison de l’hygiène et des épidémies.
 
A partir de la deuxième guerre mondiale, les femmes partant travailler - principalement dans les usines et les champs –, la prise en charge des enfants commence à être assurée par les autorités publiques et par des médecins. C’est à cette époque qu’est mise en avant la notion de relationnel et de bienveillance envers les enfants. Cette notion est soulignée par le pédiatre, psychiatre et psychanalyste anglais Donald Winnicott.
 
Après la seconde guerre mondiale, on retrouve trois grands types d’établissements d’accueil :
  • Les écoles gardiennes où la prise en charge des enfants est effectuée par un personnel sans qualification ;
  • Les EAJE portés par des institutions caritatives, religieuses ou philanthropiques. Ces établissements cherchent à porter assistance et éducation à travers des institutions encadrées et surveillées par les fondateurs
Arrive enfin la troisième catégorie portée par les courants libéraux ou progressistes, qui bannit les apprentissages précoces au profit du jeu libre, et s’adresse, grâce à un matériel pédagogique centré sur ses besoins spécifiques, à des enfants de toute origine sociale. Il s’agit du modèle actuel en France aujourd’hui.
Les obligations légales accompagnant les évolutions pédagogiques
A partir de 1980, le nombre d’EAJE augmente considérablement et ces établissements vont connaitre une véritable révolution quant à leur façon d’accueillir les enfants.
La CAF, en partenariat avec le Conseil Général, réglementent ces lieux d’accueil. Le projet pédagogique doit être soumis à la PMI  pour que l’EAJE obtienne une subvention. Ce projet est examiné par la CAF et doit répondre à des objectifs et des obligations définit par les autorités de tutelles. On ne parle alors plus de lieu de garde mais de lieu d’éveil des jeunes enfants.
 
Dans les années 2000, le Ministère de la Santé promulgue un décret visant à simplifier et harmoniser les normes relatives à la création et à la gestion de ces structures.  Ce décret réglemente les points suivants : le nombre de place, les locaux, les qualifications requises, et les périodes d’ouverture. Par ailleurs, les autorités de tutelle réclament désormais une transparence maximale des gestionnaires d’EAJE afin d’obtenir une subvention.
   
Les apports des gestionnaires privés de crèche sur le secteur de la petite enfance

L’ouverture des EAJE au secteur privé en 2004 a permis de faire évoluer la pédagogie. En effet, les acteurs privés ont dû démontrer qu’ils ne proposaient pas seulement un mode de garde mais bien qu’ils avaient une réelle connaissance du secteur et un savoir-faire métier. Ils ont créés des groupes de travail pour réfléchir à la mise en place d’actions innovantes en matière de pédagogie. Cela a permis d’enrichir encore le champ de réflexion au-delà du territoire communal par exemple.

Du fait de son modèle économique, le secteur privé a également dû mettre au cœur de sa vision petite enfance la prise en charge des parents, pour que ces derniers en deviennent acteurs. Les plus gros gestionnaires disposent même de services dédiés aux familles (accompagnement des parents dans leur choix de crèches, dans l’intégration de l’enfant…) et proposent des formules de soutien à la parentalité (réunions thématiques, club parents…).


Sources :
- Chartier, A-M et Geneix, N (2007) : Les pédagogies de la petite enfance, United Nation


 
Retour aux actualités

Partager :